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Depuis les émeutes en 2005, les entreprises cherchent à intégrer certains jeunes exclus de l'emploi. Avec des succès divers. Zara tente, elle, une expérience novatrice...
Voici la Zar'AC ! La célèbre chaine de prêt-à-porter a lancé sa propre
académie, il y a deux ans exactement. Mais ses pensionnaires ne
prétendent pas à la gloire. Juste à un emploi. Un poste de vendeur
d'autant plus désiré que tous les candidats sont des écorchés de la
vie.
«Nous ne prenons que les plus en difficulté et les plus motivés»,
explique le directeur de Zara France, Jean-Jacques Salaun. Des jeunes
en échec, scolaire, personnel, en situation d'urgence. Ceux que
personne ne vient chercher. A chaque session, ils sont quinze : afghans
refoulés de Calais, enfants de cité aux abois, jeunes femmes à la rue.
«On a même pris un Zaïrois arrivé pieds nus en France» se souvient
Jean-Jacques Salaun. Tous envoyés par la mission locale. Du jour où ils
sont choisis, ils sont payés au smic. La Zar'Ac commence.
«On part tous ensemble quinze jours dans un hôtel en Seine et Marne,
loin des copains, de tout, dans un lieu tenu secret», raconte Sophie
Bouland, qui organise cette formation hors norme. Les 10 jeunes
reçoivent des cours de théâtre. «Cela nous fait prendre conscience de
nos émotions. On se comprend mieux», explique Aminata, 24 ans, jusque
là mutique.
«On interdit les gros mots, l'agression verbale», explique
l'organisatrice. Le langage doucement s'apaise. Le «parler banlieue»
disparaît lui aussi en situation professionnelle. «On leur apprend à
obéir aux règles». A respecter les horaires et les décisions, même
celles jugées arbitraires, comme l'absence de coca-cola au déjeuner qui
en a révoltée plus d'un! On explique «que tout ne se négocie pas»,
résume Sophie Bouland.
Au départ, témoigne Frédéric Casset, champion de France de pâtisserie
et intervenant régulier, «on assistait à des bagarres. C'était animé».
Depuis, les sessions sont plus rodées. Si la discipline reste
importante, ce stage prétend surtout leur enseigner que la réussite est
possible : «à force de travail, de passion», résume le pâtissier, avec
la conviction de celui qui a parcouru ce chemin là.
Raymond Domenech
vient aussi porter la bonne parole, celle d'un «homme qui s'est
accroché», retiennent les jeunes. Tandis que le Colonel Bruno Louissert
leur parle du commandement. De ce qui fonde l'autorité d'un chef et
notamment «l'attention à ses troupes». De chaque session, il repart
«ému», heureux d'en «sauver peut-être un»...
Cécilia Gabizon
Lire la suite de cet article sur le figaro
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