Revenir à la liste des actualités

Retourner sur les bancs de la fac pendant un an, pas question !”
Un niet catégorique pour Véronique Gourlain, 42 ans, responsable
fiscale dans un grand groupe sucrier. Et pourtant cette
expert-comptable de formation savait, quand sa direction lui a proposé
de suivre les affaires juridiques, qu’elle devrait muscler ses
compétences en droit. Comment s’y est-elle prise ? Elle a suivi une
formation certifiante.
“En dix-sept journées de cours, sans avoir à
repartir de zéro comme dans un enseignement classique, j’ai acquis les
notions de droit qui me manquaient.” Depuis, elle se sent bien plus
légitime, assure-t-elle. Du rapide, de l’opérationnel, c’est exactement
la promesse des certifications.
Le concept, récent, est à découvrir
! Apparu en 2005, il est en plein essor, dans tous les domaines.
Finances, formation, management, supply chain, ressources humaines,
achats : la palette de l’offre couvre actuellement plus de 400
certifications. Toutes prévoient une série de modules de formation d’un
ou deux jours, dont on ressort avec un parchemin certifiant une
compétence dans un métier (par exemple responsable en ressources
humaines) ou dans l’une de ses composantes (spécialiste du
recrutement).
Pratique quand il est impossible de s’absenter des mois
durant pour décrocher un master ou un MBA. Et valorisant quand, après
dix à vingt jours de formation répartis sur le semestre ou l’année,
l’on peut mentionner cet acquis sur son curriculum vitæ.
C’est
un avantage évident sur les stages de formation classiques à l’issue
desquels on vous remet une attestation de présence. Et, à l’heure où
les responsables de formation voient leurs budgets fondre, ces formules
courtes, finançables dans le cadre du droit individuel à la formation
(DIF), ont plus de chances d’être acceptées.
L’idée même de
certification, c’est-à-dire d’un diplôme maison (et non pas d’État),
portant sur des connaissances précises, n’est pas une invention de
toutes pièces. Dans certaines professions techniques, on recrute déjà
sur certification, bien plus que sur diplôme.
Un exemple ? Certains
informaticiens pour qui être certifié Microsoft peut vraiment faire la
différence.
Cette pratique est aussi en vogue dans des domaines
spécifiques comme le management de projet ou la qualité. Avec leur
niveau considéré comme haut de gamme, ces certifications,
internationalement reconnues, sont monnayables sur le marché du
travail. Leur point commun : sélectives, elles requièrent une
réactualisation périodique des connaissances.
C’est
donc sur ce modèle que les organismes de formation ont décidé de créer
leurs propres certificats. Ainsi est né le CPFFP (Certificat
professionnel de la fédération de la formation professionnelle),
l’estampille commune à 300 sociétés de formation, ainsi que d’autres
labels délivrés notamment dans les universités. Plus qu’un sigle sur un
catalogue, un gage de qualité.
Accéder à ce type de formation présente
peu de difficultés, puisqu’aucune condition d’âge ou de cursus
universitaire n’est requise. La sélection s’effectue sur un
questionnaire assorti d’un examen attentif du dossier du candidat, de
ses expériences, de ses connaissances. But : comprendre s’il est doté
des bases et de la pratique professionnelle adaptées au suivi des cours.
Si
l’agencement des stages – un jour de présence, parfois deux, chaque
mois – arrange les entreprises (pas de remplaçant à prévoir), il est
aussi profitable au stagiaire : “Vu l’intensité des cours, mieux vaut
avoir le temps d’assimiler”, explique Denis Reymond, responsable du
développement intra-entreprise chez Demos.
Cela laisse aussi le
temps de mettre en pratique dans l’entreprise ce qu’il a étudié. La
formation est on ne peut plus opérationnelle : on doit en percevoir le
résultat dans son travail au fur et à mesure de son déroulement. Elle
est aussi exigeante : “Quinze jours de formation, c’est quinze jours de
travail chez soi entre cours à potasser et lectures complémentaires
suggérées”, indique Christophe Bidaud, un ancien stagiaire de 34 ans,
directeur d’un établissement public.
Contenu
de l’enseignement ? Répondre au projet précis qui vous a amené(e) là.
Vous voulez apprendre à calculer la rentabilité d’un investissement,
réduire des coûts de production, lancer un nouveau projet ? On vous
fournit les bases utiles et, session après session, vous faites part au
groupe de vos difficultés afin de les surmonter. Le tout est assorti de
contrôles (quiz, QCM, exercices notés) pour vérifier, module après
module, l’acquisition des savoirs.
Peu importe le but que vous
poursuivez : consolider des connaissances, évoluer dans un poste ou
changer de job, tout est possible. Pour Nathalie Merkel, 39 ans,
directrice commerciale d’une PME, qui a suivi un stage certifiant de management, l’urgence était d’apprendre des techniques de base : “Je me
suis faite sur le terrain, je travaillais à l’intuition”,
confie-t-elle. Elle a donc appris à “recadrer les méthodes, avec des
petits trucs simples pour bien faire et apprendre à s’organiser”.
D’autres,
comme Christophe Bidaud, ont eu besoin de s’adapter aux nouvelles
dimensions de leur activité, comme passer d’une équipe de deux à seize
personnes : “Il a fallu que j’étoffe mes capacités de management et que
je gère des budgets de plus en plus conséquents, se souvient-il. Et
précisément, au cours de ma formation de direction de projet, j’ai
appris à utiliser des méthodes de programmation financière et à
maîtriser l’art de la planification.”
Pour Mika Daous, désormais
titulaire d’une certification d’acheteur, il s’agissait plus de faire
le grand saut que d’améliorer ses performances à son poste : à 34 ans,
ce chef de rayon dans une grande enseigne rêvait de travailler en amont
de la vente. “Pour passer de l’autre côté, celui où l’on est
stratégique et décisionnaire”, explique-t-il..
Nine Perrimond
Lire la suite de cet article sur courriers cadres
Avant la perte du triple A de la France, l'Apec avait sondé les cadres.
S'ils jugent la situation économique extrêmement préoccupante, leurs opinions sur...
Les prix à la consommation en France ont progressé en moyenne de 2,1% sur l'ensemble de l'année 2011 par rapport à l'année précédente, selon l'Insee...