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Des formations certifiantes...
[29/04/2010]

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Retourner sur les bancs de la fac pendant un an, pas question !”


Un niet catégorique pour Véronique Gourlain, 42 ans, responsable fiscale dans un grand groupe sucrier. Et pourtant cette expert-comptable de formation savait, quand sa direction lui a proposé de suivre les affaires juridiques, qu’elle devrait muscler ses compétences en droit. Comment s’y est-elle prise ? Elle a suivi une formation certifiante.

“En dix-sept journées de cours, sans avoir à repartir de zéro comme dans un enseignement classique, j’ai acquis les notions de droit qui me manquaient.” Depuis, elle se sent bien plus légitime, assure-t-elle. Du rapide, de l’opérationnel, c’est exactement la promesse des certifications.

Le concept, récent, est à découvrir ! Apparu en 2005, il est en plein essor, dans tous les domaines. Finances, formation, management, supply chain, ressources humaines, achats : la palette de l’offre couvre actuellement plus de 400 certifications. Toutes prévoient une série de modules de formation d’un ou deux jours, dont on ressort avec un parchemin certifiant une compétence dans un métier (par exemple responsable en ressources humaines) ou dans l’une de ses composantes (spécialiste du recrutement).

Pratique quand il est impossible de s’absenter des mois durant pour décrocher un master ou un MBA. Et valorisant quand, après dix à vingt jours de formation répartis sur le semestre ou l’année, l’on peut mentionner cet acquis sur son curriculum vitæ.

C’est un avantage évident sur les stages de formation classiques à l’issue desquels on vous remet une attestation de présence. Et, à l’heure où les responsables de formation voient leurs budgets fondre, ces formules courtes, finançables dans le cadre du droit individuel à la formation (DIF), ont plus de chances d’être acceptées.

L’idée même de certification, c’est-à-dire d’un diplôme maison (et non pas d’État), portant sur des connaissances précises, n’est pas une invention de toutes pièces. Dans certaines professions techniques, on recrute déjà sur certification, bien plus que sur diplôme.

Un exemple ? Certains informaticiens pour qui être certifié Microsoft peut vraiment faire la différence.
Cette pratique est aussi en vogue dans des domaines spécifiques comme le management de projet ou la qualité. Avec leur niveau considéré comme haut de gamme, ces certifications, internationalement reconnues, sont monnayables sur le marché du travail. Leur point commun : sélectives, elles requièrent une réactualisation périodique des connaissances.

C’est donc sur ce modèle que les organismes de formation ont décidé de créer leurs propres certificats. Ainsi est né le CPFFP (Certificat professionnel de la fédération de la formation professionnelle), l’estampille commune à 300 sociétés de formation, ainsi que d’autres labels délivrés notamment dans les universités. Plus qu’un sigle sur un catalogue, un gage de qualité.

Accéder à ce type de formation présente peu de difficultés, puisqu’aucune condition d’âge ou de cursus universitaire n’est requise. La sélection s’effectue sur un questionnaire assorti d’un examen attentif du dossier du candidat, de ses expériences, de ses connaissances. But : comprendre s’il est doté des bases et de la pratique professionnelle adaptées au suivi des cours.

Si l’agencement des stages – un jour de présence, parfois deux, chaque mois – arrange les entreprises (pas de remplaçant à prévoir), il est aussi profitable au stagiaire : “Vu l’intensité des cours, mieux vaut avoir le temps d’assimiler”, explique Denis Reymond, responsable du développement intra-entreprise chez Demos.

Cela laisse aussi le temps de mettre en pratique dans l’entreprise ce qu’il a étudié. La formation est on ne peut plus opérationnelle : on doit en percevoir le résultat dans son travail au fur et à mesure de son déroulement. Elle est aussi exigeante : “Quinze jours de formation, c’est quinze jours de travail chez soi entre cours à potasser et lectures complémentaires suggérées”, indique Christophe Bidaud, un ancien stagiaire de 34 ans, directeur d’un établissement public.

Contenu de l’enseignement ? Répondre au projet précis qui vous a amené(e) là. Vous voulez apprendre à calculer la rentabilité d’un investissement, réduire des coûts de production, lancer un nouveau projet ? On vous fournit les bases utiles et, session après session, vous faites part au groupe de vos difficultés afin de les surmonter. Le tout est assorti de contrôles (quiz, QCM, exercices notés) pour vérifier, module après module, l’acquisition des savoirs.

Peu importe le but que vous poursuivez : consolider des connaissances, évoluer dans un poste ou changer de job, tout est possible. Pour Nathalie Merkel, 39 ans, directrice commerciale d’une PME, qui a suivi un stage certifiant de management, l’urgence était d’apprendre des techniques de base : “Je me suis faite sur le terrain, je travaillais à l’intuition”, confie-t-elle. Elle a donc appris à “recadrer les méthodes, avec des petits trucs simples pour bien faire et apprendre à s’organiser”.

D’autres, comme Christophe Bidaud, ont eu besoin de s’adapter aux nouvelles dimensions de leur activité, comme passer d’une équipe de deux à seize personnes : “Il a fallu que j’étoffe mes capacités de management et que je gère des budgets de plus en plus conséquents, se souvient-il. Et précisément, au cours de ma formation de direction de projet, j’ai appris à utiliser des méthodes de programmation financière et à maîtriser l’art de la planification.”

Pour Mika Daous, désormais titulaire d’une certification d’acheteur, il s’agissait plus de faire le grand saut que d’améliorer ses performances à son poste : à 34 ans, ce chef de rayon dans une grande enseigne rêvait de travailler en amont de la vente. “Pour passer de l’autre côté, celui où l’on est stratégique et décisionnaire”, explique-t-il..


Nine Perrimond
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