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Rédiger et consulter ses e-mails personnels au bureau, faire les soldes sur Internet ou éditer son profil Facebook…
La plupart des salariés le font. Pourtant, surfer sur son lieu de
travail n’est pas sans risques… En mars 2008, deux salariés de Michelin
de l’usine de Cholet (Maine-et-Loire) l’ont appris à leurs dépens.
Pour
s’être plaints de leurs conditions de travail sur le site
Copainsdavant, évoquant leur « boulot de bagnard », ces deux agents de
fabrication ont été l’un mis à pied et l’autre licencié.
Un salarié de Peugeot-Citroën a lui aussi été licencié en 2002 pour avoir stocké des
images pornographiques sur son ordinateur, à l’usine. Mais dans son cas
la justice l’a blanchi. Le 8 décembre 2009, la Cour de cassation a
estimé que si ces images pouvaient choquer, elles ne constituaient pas
une « cause réelle et sérieuse de licenciement ». Une décision très
protectrice des droits des salariés.
Que peut-on déduire de ces
deux affaires ? Que la frontière entre vie privée et vie
professionnelle est et a toujours été floue. « Les litiges liés à
Internet sont en augmentation constante car son usage s’étend »,
souligne Me Hélène Masse, avocate à la Cour de cassation. Et d’ajouter
: « C’était la même jurisprudence lorsque le téléphone est arrivé dans
l’entreprise. »
« C’est de l’équilibrisme. Il faut savoir où
placer le curseur entre la vie privée des salariés et la légitimité de
l’employeur à oeuvrer pour le bon fonctionnement de l’entreprise »...
BÉNÉDICTE ALANIOU ET SÉVERINE CAZES
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