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Les Français achètent leurs voyages de plus en plus tard. Les professionnels ont du mal à adapter leur modèle...
À la Compagnie des Alpes, qui gère les remontées mécaniques des 16 plus
grandes stations de ski françaises, on respire. Alors que rien n'était
gagné fin janvier, février sera finalement meilleur que l'an dernier…
grâce aux réservations de dernière minute.
Même soulagement au Club Med. Le 9 janvier, les réservations pour février étaient en baisse
de 7,6 % sur un an. Le 20 février, elles remontaient de 0,7 %.
C'est
devenu une habitude : les Français réservent plus en plus tard leurs
vacances. La plupart parviennent ainsi à faire de bonnes affaires, même
si certains paient en fait le prix fort. Le phénomène n'est pas
nouveau, mais il s'est amplifié l'an dernier. «On a vu des charters
vides se remplir vingt jours avant le départ», souligne René-Marc
Chikli, président de l'Association des tour-opérateurs (Ceto). C'est un
bouleversement du modèle économique pour l'industrie touristique.»
60
% des packages vols plus hébergement ont été vendus le mois du départ
l'an passé, selon René-Marc Chikli, alors que c'était plutôt 30 % les
années précédentes. «Avant 2009, on n'avait jamais vendu de voyages à
plus de 2 500 euros à moins de trente jours du départ, constate
Jean-François Rial, le président de Voyageurs du Monde. L'an dernier,
10 % des ventes ont été réalisées le mois du départ. C'est un énorme
problème parce que c'est totalement imprévisible.»
Pour les
voyagistes, il est rarement facile de s'adapter à cette nouvelle donne.
«C'est la guerre des nerfs !», assure René-Marc Chikli . L e Club Med a
l'avantage de gérer ses propres villages. Il a ainsi pu ouvrir certains
sites moins longtemps que d'habitude. Et l'été dernier, il a finalement
lancé sa campagne de promotions en juillet, et non pas en mai.
Mais
les réservations de dernière minute posent beaucoup plus de problème à
la plupart des autres voyagistes, parce qu'ils sous-traitent à la fois
l'hébergement et le transport aérien. En début de saison, ils
s'engagent donc à acheter des places auprès de compagnies aériennes et
de groupes hôteliers.
Mathilde Visseyrias
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