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Drôle d’idée, à première vue, de vendre en ligne des pneus, de toutes tailles et à prix cassés. C’est pourtant le pari réussi de cette PME familiale.
Cinq terrains de foot ! C’est la taille du centre logistique que Didier
Blaise ouvrira en septembre prochain à Oignies, une ancienne commune
minière du Pas-de-Calais. Son objectif : réunir sous un même toit tout
ce que la planète automobile compte de pneus, du modèle tourisme pour Scénic familial au gros tubeless pour 4x4 en passant par la jante large
de compétition.
Soit 500 000 produits stockés sur 35 000 mètres carrés.
Même les conducteurs de tracteur Massey Ferguson trouveront chaussure à
leur pied. «Ce sera la plus grande plate-forme d’expédition de pneus du
pays», se félicite le patron du site de vente en ligne Allopneus.com.
A
50 ans, Didier Blaise est sûr de son affaire : cette montagne de gommes
et de jantes va tourner à plein régime. Fanfaronnade ? Depuis sa
création en 2005, le site affiche des courbes plutôt avantageuses : son
chiffre d’affaires est passé de 18,5 à 75 millions d’euros en 2009.
Quant à son résultat, il a été multiplié par trois sur la même période,
pour atteindre 3 millions d’euros l’an dernier.
Le voilà désormais
numéro 1 en France de la vente de pneus sur Internet. Devant l’allemand
Delticom (123pneus.fr), leader européen, devant le poids lourd suisse
Pneus Online et à plusieurs longueurs du français Popgom, dont
Michelin est actionnaire. Sa force : le choix, donc, mais aussi les
prix, 20 à 40% au-dessous de ceux pratiqués par les distributeurs «en
dur» comme Euromaster, Norauto ou Point S. «Si on compare aux prix des
concessionnaires, nous sommes carrément moitié moins chers», assure
Didier Blaise.
On connaissait l’efficacité du Net pour la vente de vêtement ou de télés à prix discount. Mais pour le pneu… A priori,
ce produit technique, volumineux et pas vraiment prêt à l’emploi
semblait mal adapté au commerce en ligne. Pas de quoi dissuader le
patron de Pneus France Nord (maison mère d’Allopneus), qui en connaît
un rayon en matière de gomme. Autodidacte, ce grand brun au physique
d’acteur s’est fait un nom dans les années 1980 en devenant le cador
français de la vente par correspondance de pneus agricoles.
Son
astuce, à l’époque, consistait à se fournir en Belgique, à des prix 30%
moins élevés. A l’aise, Blaise a ainsi profité pendant dix ans de ce
différentiel, au grand dam des professionnels. Quand les manufacturiers
ont fini par lisser leurs tarifs d’un pays à l’autre, ce Valenciennois
d’origine s’est tourné vers le marché du tourisme, puis, en 2005, a
migré sur le Net, poussé par ses deux fils, aujourd’hui aux commandes
avec lui.
Coût de ce virage radical : plus de 100 000 euros et une
année entière pour développer le site, dont l’ergonomie et le look ont
été revus il y a un an. «On se remet tout le temps en cause», souligne
Didier Blaise, toujours à l’affût des business models qui marchent,
comme celui de son ami Jacques-Antoine Granjon, le fondateur de
Vente-privée.com.
Jean Botella
Lire la suite de cet article sur capital
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